(Actualisé avec débarquement autorisé aux Canaries)
Les passagers et membres d'équipage du navire de croisière touché par une épidémie mortelle d'hantavirus et bloqué depuis plusieurs jours au large des îles du Cap-Vert vont pouvoir débarquer aux îles Canaries, où ils seront pris en charge par les autorités sanitaires, a annoncé mercredi la ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia.
Le chef du gouvernement régional de l'archipel, Fernando Clavijo, avait déclaré un peu plus tôt que la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, qui exploite le MV Hondius, avait demandé l'autorisation pour celui-ci d'accoster samedi au port de Santa Cruz, sur l'île de Tenerife.
Fernando Clavijo s'était auparavant dit opposé à cette décision, la jugeant "injustifiée", mais le dernier mot revenait au gouvernement de Madrid.
Monica Garcia a précisé que les ressortissants étrangers seraient rapatriés dans leur pays d'origine, tandis que les 14 Espagnols présents à bord du bateau de croisière parti d'Argentine seraient placés en quarantaine sanitaire à Madrid pour éviter tout risque de propagation du virus.
Les autorités sud-africaines avaient confirmé plus tôt dans la journée avoir identifié chez les victimes du virus une souche originaire des Andes et susceptible, dans de rares cas, de se transmettre entre humains.
Le gouvernement suisse a quant à lui fait savoir qu'un homme rentré en Suisse après avoir voyagé à bord du MV Hondius était infecté par le hantavirus et soigné à Zurich. Il a précisé qu'il n'y avait aucun danger pour le reste de la population.
Trois autres passagers originaires des Pays-Bas, de Grande-Bretagne et d'Allemagne ont été évacués mercredi par avion sanitaire, a annoncé le gouvernement néerlandais. Deux d'entre eux sont malades et une contamination au hantavirus est suspectée pour l'un d'eux, a-t-il ajouté.
Un couple néerlandais et un ressortissant allemand qui se trouvaient à bord du navire sont décédés, tandis qu'un ressortissant britannique est hospitalisé en soins intensifs en Afrique du Sud.
LA TRANSMISSION INTERHUMAINE EST RARE
Selon l'Organisation mondiale de la santé, le risque de contamination en dehors du navire est en revanche très faible.
Les personnes sont généralement infectées par le hantavirus par contact avec des rongeurs infectés ou leur urine, leurs excréments ou leur salive. La transmission interhumaine est rare.
Mais une propagation limitée en cas de contacts étroits a été observée lors de certaines épidémies précédentes liées à la souche des Andes, qui est présente en Amérique du Sud, notamment en Argentine, où la croisière a débuté en mars.
Une présentation consultée par Reuters indique que des tests effectués par l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles (NICD) ont révélé que la souche andine était à l'origine de l'infection d'une Néerlandaise décédée à Johannesburg ainsi que d'un Britannique toujours hospitalisé. Tous deux avaient contracté la maladie à bord du navire.
"C'est la seule souche connue pour provoquer une transmission interhumaine, mais cette transmission est très rare et (...) elle ne se produit qu'en cas de contact très étroit", précise la présentation.
Le ministère sud-africain de la Santé a indiqué qu'il avait été établi que les personnes contaminées avaient été en contact étroit avec au moins 62 autres passagers, membres d'équipage ou personnels soignants. Ces cas contact seront suivis jusqu'à la fin de la période d'incubation et aucun d'entre eux n'a été diagnostiqué positif au hantavirus à ce jour.
Le Cap-Vert devait être la destination finale du navire, mais l'archipel situé au large du Sénégal n'a pas autorisé le navire à débarquer ses passagers en raison de l'épidémie.
(David Latona à Madrid, Sfundo Parakozov et Nellie Peyton à Johannesburg, avec la contribution de Bart Meijer à Amsterdam ; rédigé par Ingrid Melander ; version française Matthieu Huchet et Tangi Salaün, édité par Benoit Van Overstraeten)

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